Introduction

Hébreux 1 a témoigné de la gloire et de la supériorité de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Dans ces derniers jours, Dieu nous a parlé par le Fils, et ce Fils a été proclamé infiniment supérieur aux anges. Ensuite, Hébreux 2:1-4 a donné cet avertissement : ne négligez pas un si grand salut. Cet avertissement n’était pas une parole de peur, mais une exhortation de grâce qui nous fait redécouvrir la grandeur de l’Évangile.

Hébreux 2:5-18 montre comment ce grand salut a été accompli. Pour sauver l’humanité, le Fils de Dieu est devenu homme, et il a traversé la souffrance et la mort. En goûtant la mort, il a brisé la puissance de la mort ; il nous appelle frères et il est devenu le grand prêtre miséricordieux et fidèle qui peut secourir ceux qui sont tentés.

Ce passage aborde pour la première fois de manière explicite le ministère sacerdotal de Jésus dans l’Épître aux Hébreux. Ce thème sera ensuite développé plus profondément dans les chapitres 4 à 10. Les germes de cette vaste théologie sont déjà déposés dans ce court passage. Le croyant y découvre à la fois la certitude du salut et une profonde consolation en Jésus souffrant.

Hébreux 2:5-18 montre que l’être humain a été créé pour la gloire et l’honneur, mais qu’il a perdu cette gloire sous le péché et la mort. Pourtant, Jésus-Christ s’est abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, est devenu homme et a été couronné de gloire et d’honneur par la souffrance de la mort. Il est l’auteur du salut qui conduit beaucoup de fils à la gloire, et il secourt ceux qui sont tentés comme grand prêtre miséricordieux et fidèle.

Aperçu du passage

Hébreux 2:5-18 part du but de la création de l’être humain, montre la perte de la gloire causée par le péché, puis avance vers la restauration accomplie par l’incarnation et la souffrance de Jésus-Christ. Le passage forme un récit du salut qui commence par la question : « Qu’est-ce que l’être humain ? » et se transforme en cette réponse : « Nous voyons Jésus. » Saisir d’abord cette structure permet de comprendre d’un seul regard le mouvement théologique de chaque section.

TexteContenu centralSignification théologique
Hé 2:5Le monde à venir n’a pas été soumis aux angesLe centre du monde du salut est le Fils de Dieu
Hé 2:6-8aL’être humain a été couronné de gloire et d’honneurLe but de la création et la dignité de l’être humain
Hé 2:8bNous ne voyons pas encore toutes choses soumises à l’être humainLa réalité humaine sous le péché et la mort
Hé 2:9Nous voyons JésusLe regard du salut se tourne vers le Christ
Hé 2:10Il conduit beaucoup de fils à la gloireJésus est l’auteur du salut
Hé 2:11-13Jésus nous appelle frèresLa grâce de l’incarnation et de l’union avec lui
Hé 2:14-15Par la mort, il réduit à l’impuissance le diable et délivre ceux qui étaient asservisL’œuvre rédemptrice qui brise la puissance de la mort
Hé 2:16-18Grand prêtre miséricordieux et fidèleLe Christ qui secourt ceux qui sont tentés

1. Pourquoi Hébreux 2:5-18 parle-t-il de la gloire de l’être humain ?

Après avoir parlé du Fils supérieur aux anges, Hébreux 2:5-18 traite de la gloire et de l’honneur de l’être humain. Ce mouvement est très important. L’Épître aux Hébreux ne dit pas seulement que Jésus est plus élevé que les anges. Elle montre pourquoi le Fils de Dieu, si élevé, s’est abaissé. C’est ici que la direction et le but du salut apparaissent.

Le salut de Dieu ne se limite pas à délivrer l’être humain du péché. Le salut consiste aussi à restaurer la gloire humaine perdue et le but de la création. L’être humain a été créé pour être connu et gardé par Dieu, et pour exercer une responsabilité sur toute la création. Pourtant, sous le péché et la mort, il ne peut plus jouir pleinement de cette gloire. Face à cette contradiction, l’Épître aux Hébreux nous exhorte : « Voyez Jésus seul. »

Le monde à venir n’est pas confié aux anges

Hébreux 2:5 déclare : « Ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons. » Le monde à venir, c’est-à-dire le monde où le salut de Dieu sera achevé, n’est pas un monde centré sur les anges. C’est le monde de l’humanité restaurée dans le Fils de Dieu. Les anges sont des esprits serviteurs, mais au centre du salut se tient Jésus-Christ, le Fils de Dieu devenu homme pour restaurer l’humanité.

L’être humain n’est pas un être accidentel, mais un être inscrit dans le dessein de Dieu

Hébreux 2 cite le Psaume 8 : « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui ? » Cette question révèle à la fois la petitesse de l’être humain et la grâce de Dieu. L’être humain n’est pas grand par lui-même. Il est une créature, fragile et limitée. Pourtant, parce que Dieu se souvient de lui et prend soin de lui, il est précieux. La dignité humaine ne vient pas de la capacité de l’homme, mais de la volonté et de l’amour de Dieu envers lui.

2. L’être humain couronné de gloire et d’honneur

Hébreux 2:6-8 montre la place originelle de l’être humain. Dieu l’a abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, mais il l’a couronné de gloire et d’honneur, et il a mis toutes choses sous ses pieds. Cela rejoint la vocation donnée à l’humanité lors de la création. L’être humain a été créé à l’image de Dieu et appelé à cultiver, garder et gouverner le monde créé par Dieu. Ainsi, la gloire humaine n’est pas une gloire d’auto-exaltation ; elle est la gloire de vivre sous Dieu et d’accomplir sa volonté.

La petitesse de l’être humain et le soin de Dieu

La question « Qu’est-ce que l’homme ? » nous fait prendre conscience de la petitesse de l’être humain. L’homme est fragile devant le temps, impuissant devant la mort, incapable même de tenir sa propre vie entre ses mains. Mais le Psaume 8 ne s’arrête pas à cette petitesse. Dieu se souvient de ce petit être humain et prend soin de lui. L’homme est petit, mais il n’est pas oublié de Dieu. Il est fragile, mais il n’est pas abandonné de Dieu. C’est sur cette grâce que se construit la logique du salut.

L’être humain appelé à gouverner toutes choses, mais confronté à la réalité après la chute

Dieu a couronné l’être humain de gloire et d’honneur, et il a placé toutes choses sous ses pieds. C’est la mission de gouvernement donnée à l’humanité. L’homme a été appelé à gérer la création comme un intendant obéissant à Dieu. Mais depuis la chute, il ne gouverne plus toutes choses parfaitement. Au contraire, il se trouve dominé par la maladie, la peur, les désirs désordonnés et la mort. Hébreux 2 montre ensemble la gloire originelle de l’être humain et sa misère actuelle afin d’éclairer la nécessité du salut en Jésus-Christ.

3. La réalité que nous ne voyons pas encore et la foi qui voit Jésus seul

La fin d’Hébreux 2:8 est très honnête : « Cependant, nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises. » L’être humain a été couronné de gloire et d’honneur, mais la réalité présente semble contredire cette parole. Le monde demeure chaotique, le corps tombe malade, les relations se brisent et la mort reste inévitable. L’Épître aux Hébreux ne détourne pas les yeux de cette réalité et ne la nie pas.

✦ Tournant central
« Nous ne voyons pas encore maintenant que toutes choses lui soient soumises — mais nous voyons Jésus. » (Hé 2:8-9)
Si l’on ne regarde que la réalité humaine, il n’y a que désespoir ; mais lorsque l’on regarde Jésus-Christ, le chemin du salut s’ouvre. C’est le tournant central d’Hébreux 2:5-18.

Nous ne voyons pas encore toutes choses soumises à l’être humain

L’être humain dit parfois qu’il maîtrise la nature, mais il vacille devant une simple maladie. Il parle de liberté, mais il vit souvent comme un esclave devant le péché, la peur et la puissance de la mort. Voilà la réalité humaine sous le péché. L’être humain a été créé dans la gloire, mais il a perdu cette gloire à cause du péché. Celui qui devait gouverner toutes choses s’est retrouvé lui-même dominé par les choses créées et par la peur de la mort.

Mais nous voyons Jésus

Après avoir considéré la réalité brisée de l’être humain, l’Épître aux Hébreux déclare : « Mais nous voyons Jésus. » Le regard du croyant ne doit pas rester fixé sur la réalité humaine désespérante. La foi ne nie pas la réalité, mais elle regarde Jésus-Christ, plus grand que cette réalité. En Jésus, la gloire humaine perdue commence à être restaurée. Jésus est descendu dans le lieu où l’être humain a échoué ; il a traversé la souffrance de la mort et il a été couronné de gloire et d’honneur. Ainsi, le croyant ne se décourage pas en se regardant lui-même, mais il se relève en fixant les yeux sur Jésus seul.

4. Jésus abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges

Hébreux 2:9 présente Jésus comme celui qui a été « abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges ». Cette parole ne signifie pas que Jésus serait, par nature, inférieur aux anges. Jésus est le Fils de Dieu, infiniment supérieur aux anges. Pourtant, pour nous sauver, il s’est abaissé pour un temps. C’est l’incarnation. Le fait que le Fils de Dieu soit descendu dans la condition humaine n’est pas une déchéance ; c’est le chemin du salut.

L’incarnation est l’abaissement de Dieu

L’incarnation proclame que Dieu ne nous a pas sauvés de loin. Jésus n’a pas seulement observé la souffrance humaine. Il a revêtu la chair et le sang, et il est entré dans notre condition. Sans péché, il est descendu dans la faiblesse et la souffrance humaines. L’incarnation et la souffrance ne peuvent pas être séparées. Dire que le Fils de Dieu est devenu homme signifie qu’il est entré dans les douleurs et les limites les plus profondes de l’humanité.

Jésus a goûté la mort pour tous

Hébreux 2:9 dit que Jésus a été abaissé « afin que, par la grâce de Dieu, il goûte la mort pour tous ». La mort de Jésus n’est pas une tragédie accidentelle. Elle est une mort rédemptrice pour tous. L’expression « goûter la mort » montre que Jésus est entré dans la peur et la limite les plus profondes de l’être humain. Pour l’homme, la mort est la dernière frontière inévitable. Mais Jésus est descendu jusque dans ce lieu de mort, et il a goûté la mort à notre place.

5. L’auteur du salut rendu parfait par la souffrance

Hébreux 2:10 dit que Dieu, pour conduire beaucoup de fils à la gloire, a rendu parfait par la souffrance l’auteur de leur salut. Cela ne signifie pas que Jésus aurait eu une imperfection morale. Jésus est le Fils de Dieu sans péché. Ici, « rendu parfait » signifie que Jésus a accompli pleinement sa mission de Sauveur. En marchant lui-même sur le chemin de la souffrance, Jésus est devenu le Sauveur parfait qui conduit à la gloire ceux qui souffrent.

Jésus conduit beaucoup de fils à la gloire

Le salut ne signifie pas seulement le pardon individuel des péchés. Hébreux 2 présente le salut de manière plus vaste. Jésus conduit beaucoup de fils à la gloire. L’être humain ne peut pas restaurer par lui-même la gloire qu’il a perdue. Mais Jésus est venu dans la condition humaine, il a goûté la mort, il a traversé la souffrance, et il conduit les croyants à la gloire. En Jésus, le croyant est restauré comme enfant de Dieu et il vit en regardant vers la gloire qui sera pleinement accomplie.

La souffrance n’était pas un échec, mais le chemin du salut

La souffrance de Jésus semblait être une défaite. Aux yeux du monde, la croix était honte et échec. Pourtant, l’Épître aux Hébreux affirme que cette souffrance était inscrite dans le dessein salvateur de Dieu. La souffrance a manifesté Jésus comme l’auteur du salut. Le Seigneur a traversé la souffrance afin de pouvoir secourir ceux qui souffrent. Ainsi, au milieu de l’épreuve, le croyant ne conclut pas qu’il a été abandonné. Jésus souffrant connaît ce chemin, et il nous y soutient.

6. Jésus qui nous appelle frères

Hébreux 2:11-13 dit que Jésus n’a pas honte d’appeler les croyants ses frères. C’est une proclamation étonnante de l’Évangile. Le Fils de Dieu appelle frères des êtres faibles comme nous. Jésus est celui qui sanctifie, et les croyants sont ceux qui sont sanctifiés. Pourtant, Hébreux affirme que tous procèdent d’une même origine. Cela révèle la grâce profonde de l’union établie entre Jésus et les croyants.

Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés

Jésus est celui qui nous sanctifie. Le croyant ne devient pas saint par ses propres forces. Il est mis à part comme peuple appartenant à Dieu dans l’œuvre rédemptrice de Jésus-Christ. La sainteté n’est pas seulement une amélioration morale. Elle consiste à être renouvelé comme appartenant à Dieu. Jésus établit comme peuple de Dieu ceux qui étaient sous le péché et la mort.

Le Seigneur n’a pas honte de nous appeler frères

Jésus n’a pas honte de nous appeler frères. À cause de nos péchés et de nos faiblesses, nous avons souvent envie de nous cacher devant Dieu. Mais Jésus ne nous rejette pas. Cette parole renouvelle l’identité du croyant. Nous ne sommes pas définis par l’échec et la honte. En Christ, nous sommes appelés à faire partie de la famille de Dieu. Si Jésus nous appelle frères, nous n’avons plus besoin de vivre enchaînés à la peur et à la honte.

7. Le Christ qui a partagé la chair et le sang

Hébreux 2:14 dit que, puisque les enfants ont en commun la chair et le sang, Jésus y a aussi participé de la même manière. Cette affirmation souligne la pleine humanité de Jésus. Jésus n’a pas seulement paru être un homme. Il est véritablement devenu homme. Il a revêtu un corps humain, il est entré dans la vie humaine, et il a assumé jusqu’à la mort humaine.

✦ La consolation de l’incarnation
Jésus ne connaît pas la souffrance humaine seulement en théorie. Le Seigneur a réellement connu la faim, la fatigue, la tristesse, les larmes, le rejet et la douleur. Ainsi, dans l’épreuve, le croyant ne peut pas dire : « Le Seigneur ne me comprend pas. » Le Seigneur connaît notre condition.

L’incarnation est une solidarité en vue du salut

Si Jésus a partagé la chair et le sang, ce n’était pas seulement pour comprendre les êtres humains. C’était une solidarité rédemptrice. Pour sauver l’être humain, il devait venir dans sa condition ; pour délivrer ceux qui étaient sous la mort, il devait descendre jusque dans le lieu de la mort. L’incarnation montre à quelle profondeur l’amour de Dieu est descendu. Dieu n’a pas regardé la souffrance humaine de loin. En Christ, il est descendu dans notre condition et il a goûté la mort à notre place.

8. Jésus qui a brisé la puissance de la mort

Hébreux 2:14-15 dit que Jésus, par la mort, a réduit à l’impuissance celui qui avait la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’il a délivré tous ceux qui, par peur de la mort, étaient retenus dans l’esclavage toute leur vie. C’est l’une des affirmations rédemptrices centrales d’Hébreux 2. Jésus n’a pas vaincu la mort en l’évitant. Il est entré dans la mort et il l’a vaincue. La croix n’est pas une défaite, mais le chemin de la victoire qui brise la puissance de la mort.

Le Christ a vaincu la mort par la mort

Pour l’être humain, la mort est le dernier ennemi. Elle renverse la force et la sagesse humaines. Même l’homme le plus puissant ne peut retenir sa vie devant la mort. Mais Jésus a traversé la mort et a réduit sa puissance à l’impuissance. Sa croix et sa résurrection proclament que la mort n’est pas le dernier maître. La dernière parole du croyant n’est pas la mort, mais la vie de résurrection.

Les croyants délivrés de la peur de la mort

Hébreux 2 dit que l’être humain est asservi par la peur de la mort. Cette peur ne désigne pas seulement la crainte de la mort physique. Elle inclut la peur de perdre, la peur d’échouer, la peur d’être abandonné et la peur que tout ait une fin. Jésus a brisé les chaînes de cette peur. Le croyant continue de traverser la souffrance et de faire face à la mort, mais il ne vit plus sous la puissance de la mort. En Jésus qui a goûté la mort et l’a vaincue, nous avons reçu la liberté.

9. Jésus, grand prêtre miséricordieux et fidèle

Hébreux 2:16-18 dit que Jésus ne vient pas en aide aux anges, mais qu’il vient en aide à la descendance d’Abraham. Puis il déclare qu’il a dû devenir en tout semblable à ses frères afin d’être un grand prêtre miséricordieux et fidèle. Ce thème du grand prêtre est essentiel dans toute l’Épître aux Hébreux. Introduit dans cette quatrième leçon, il sera ensuite développé plus profondément aux chapitres 4, 5, 7, 9 et 10. Jésus est le médiateur parfait qui nous conduit à Dieu.

Jésus vient en aide à la descendance d’Abraham

Jésus ne vient pas en aide aux anges ; il vient en aide à la descendance d’Abraham, c’est-à-dire au peuple de l’alliance de Dieu. Le croyant n’est pas quelqu’un qui se soutient lui-même, mais quelqu’un qui est soutenu par le Christ. La vie de foi ne dépend pas seulement de la force avec laquelle nous nous accrochons au Seigneur. Plus fondamentalement, elle dépend de la grâce par laquelle le Seigneur nous tient. Si le croyant ne s’effondre pas complètement dans l’épreuve et la tentation, c’est parce que le grand prêtre miséricordieux et fidèle le soutient.

Le grand prêtre qui expie les péchés du peuple

Le grand prêtre se tient entre Dieu et le peuple comme médiateur. Hébreux 2:17 dit que Jésus est devenu grand prêtre miséricordieux et fidèle afin d’expier les péchés du peuple. Le ministère sacerdotal de Jésus ne consiste pas à passer légèrement sur le péché. Le Seigneur a réellement expié le péché. Par son propre corps et son propre sang, il a ouvert le chemin qui mène à Dieu. Ainsi, le croyant ne s’approche pas de Dieu en s’appuyant sur sa propre justice, mais en se confiant dans la rédemption de Jésus-Christ.

Jésus peut secourir ceux qui sont tentés

Hébreux 2:18 déclare : « Car, ayant été tenté lui-même dans ce qu’il a souffert, il peut secourir ceux qui sont tentés. » Jésus ne connaît pas nos douleurs seulement en théorie. Il a lui-même traversé l’épreuve et la souffrance. Cette vérité donne au croyant une consolation profonde. Celui qui est tenté n’est pas seul. Il n’est pas abandonné dans l’épreuve. Nous avons un grand prêtre miséricordieux et fidèle qui connaît nos faiblesses, qui expie le péché et qui nous secourt au temps opportun.

10. Le mouvement de l’Évangile attesté par la citation du Psaume 8

Hébreux 2:6-8 cite le Psaume 8 pour montrer la gloire originelle de l’être humain. Mais l’Épître aux Hébreux ne lit pas ce passage seulement comme une anthropologie. Après avoir parlé de la gloire humaine blessée par le péché, elle en trouve l’accomplissement en Jésus-Christ. Le Psaume demande qui est l’être humain ; l’Épître aux Hébreux répond : « Voyez Jésus seul. »

Thème du Psaume 8Interprétation d’Hébreux 2Accomplissement en Christ
Qu’est-ce que l’homme ?La petitesse de l’être humain et le soin de DieuJésus est venu dans la condition humaine
Couronné de gloire et d’honneurLe but originel de la création de l’être humainJésus a été couronné de gloire et d’honneur
Toutes choses sous ses piedsUne réalité qui n’est pas encore pleinement visibleLe gouvernement restauré en Christ
La gloire humaineUne gloire blessée par le péché et la mortIl conduit beaucoup de fils à la gloire

La véritable gloire de l’être humain ne s’accomplit pas en l’homme lui-même. Elle est restaurée et menée à son accomplissement en Jésus-Christ souffrant. Le Psaume 8 chantait l’être humain tel qu’il fut créé, mais l’Épître aux Hébreux révèle que ce chant trouve son véritable accomplissement en Jésus-Christ. La gloire humaine indiquée par l’Ancien Testament s’est d’abord réalisée en Jésus, et les croyants recevront cette gloire avec lui.

11. Le quatrième mouvement de l’exposé du pasteur David Jang sur l’Épître aux Hébreux

Dans les archives des exposés du pasteur David Jang sur l’Épître aux Hébreux, la quatrième leçon reprend le mouvement des trois premières leçons. La première leçon a traité la proclamation selon laquelle Dieu, dans les derniers jours, nous a parlé par le Fils. La deuxième a montré, à travers les citations de l’Ancien Testament, que ce Fils est infiniment supérieur aux anges. La troisième a abordé le premier avertissement : ne pas négliger le grand salut annoncé par ce Fils. La quatrième leçon montre maintenant comment ce grand salut a été accompli.

Si les leçons 1 à 3 proclamaient « qui est le Fils » et « combien grand est ce salut », la quatrième leçon explique « comment ce salut a été accompli ». Pourquoi le Fils de Dieu est-il devenu homme ? Pourquoi a-t-il traversé la souffrance et la mort ? Hébreux 2:5-18 donne la réponse de l’Évangile à ces questions. Proclamer la gloire du Fils et expliquer son abaissement ne sont pas contradictoires. Au contraire, son abaissement révèle plus profondément encore la grandeur de sa gloire.

La quatrième leçon introduit aussi le thème théologique le plus important de l’Épître aux Hébreux : Jésus, grand prêtre. Ce thème, commencé en Hébreux 2:17-18, sera traité plus directement en Hébreux 4:14-16 et se déploiera pleinement des chapitres 5 à 10. La quatrième leçon est donc une clé théologique pour comprendre toute la seconde partie de l’Épître aux Hébreux. Celui qui lit profondément cette leçon pourra comprendre les exposés suivants avec bien plus de richesse.

12. Application pour aujourd’hui

1
Ne regardez pas seulement la réalité brisée ; fixez les yeux sur Jésus seul Nous ne voyons pas encore toutes choses soumises à l’être humain. La vie porte encore le chaos, la souffrance et l’ombre de la mort. Pourtant, devant cette réalité, l’Épître aux Hébreux nous exhorte : « Voyez Jésus seul. » Plus la situation est sombre, plus notre regard doit se tourner vers le Christ.
2
La vraie gloire humaine est restaurée en Christ L’être humain a été créé pour la gloire et l’honneur. Mais sous le péché et la mort, il a perdu cette gloire. Jésus est venu comme l’auteur du salut qui conduit beaucoup de fils à la gloire. L’identité du croyant ne repose pas sur la perte et l’échec, mais sur la gloire restaurée en Christ.
3
Dans la souffrance, ne dites pas : « Le Seigneur ne me connaît pas » Jésus a revêtu la chair et le sang, et il est descendu dans notre condition. Il a réellement connu la faim, la fatigue, la tristesse, les larmes, le rejet et la douleur. Le croyant qui souffre n’est pas seul. Le Seigneur qui connaît nos faiblesses est avec lui.
4
N’interprétez pas immédiatement la souffrance comme une preuve d’abandon La souffrance de Jésus n’était pas une défaite, mais le chemin du salut. De même, lorsque le croyant rencontre la souffrance, il ne doit pas l’interpréter aussitôt comme une preuve qu’il est abandonné. Jésus souffrant connaît ce chemin, et il nous y soutient.
5
Libérés de la peur de la mort, vivez dans la vie de résurrection Par la mort, Jésus a réduit à l’impuissance celui qui avait la puissance de la mort. Le croyant n’est pas esclave de la peur ; il est une personne qui vit dans la vie du Christ. La peur de perdre, la peur d’échouer et la peur de la fin sont brisées en Christ qui a vaincu la mort.
6
Dans la tentation, approchez-vous avec assurance du grand prêtre miséricordieux et fidèle Jésus a été tenté et a souffert ; c’est pourquoi il peut secourir ceux qui sont tentés. Lorsque le péché et la faiblesse vous rendent craintif devant Dieu, appuyez-vous sur la rédemption de Jésus-Christ et approchez-vous avec assurance du trône de la grâce.

Conclusion : Fixez les yeux sur Jésus seul

Hébreux 2:5-18 commence par une réflexion profonde sur l’être humain et s’achève dans le salut en Jésus-Christ. L’être humain a été créé pour la gloire et l’honneur, mais il a perdu cette gloire sous le péché et la mort. Pourtant, Dieu n’a pas abandonné l’être humain. Le Fils de Dieu est descendu dans la condition humaine, il a traversé la souffrance de la mort et il est devenu l’auteur du salut qui conduit beaucoup de fils à la gloire.

L’Épître aux Hébreux résume tout cela en une parole : « Nous voyons Jésus. » Même lorsque la réalité humaine est sombre et que la souffrance est profonde, le regard du croyant se tourne vers Jésus-Christ seul. Il n’a pas honte de nous appeler frères ; il a revêtu la chair et le sang pour venir dans notre condition ; il a vaincu la mort et s’est assis à la droite de Dieu. Aujourd’hui encore, comme grand prêtre miséricordieux et fidèle, il nous soutient et il peut secourir ceux qui sont tentés.

Ce dont le croyant a besoin, ce n’est pas d’une volonté plus forte ni d’une foi plus parfaite en lui-même. Il a besoin de fixer les yeux sur Jésus seul. Chaque fois que ce regard vacille, l’Épître aux Hébreux parle de nouveau : « Voyez Jésus seul. Voyez Jésus souffrant, Jésus qui a vaincu la mort, Jésus couronné de gloire, Jésus qui nous appelle frères, Jésus qui nous soutient. » En ce Jésus, la gloire perdue de l’être humain est restaurée, et la foi du croyant est gardée jusqu’à la fin.

Questions de méditation

  • Où mon regard est-il fixé aujourd’hui ? Sur la réalité brisée ou sur Jésus seul ?
  • Comment le fait que Dieu m’a créé pour la gloire et l’honneur transforme-t-il ma manière de vivre aujourd’hui ?
  • Quelle consolation l’incarnation de Jésus, venu dans ma condition avec la chair et le sang, m’apporte-t-elle dans mes souffrances actuelles ?
  • Devant la mort, la perte et l’échec, est-ce que je m’appuie sur le Christ qui les a vaincus ?
  • Dans la tentation, est-ce que je m’approche avec assurance de Jésus, grand prêtre miséricordieux et fidèle, ou est-ce que j’essaie de tout porter seul ?

Questions fréquentes (FAQ)

Le message central d’Hébreux 2:5-18 est que la gloire perdue de l’être humain est restaurée en Jésus-Christ souffrant. L’être humain avait été couronné de gloire et d’honneur, mais sous le péché et la mort il ne peut plus jouir pleinement de cette gloire. Jésus s’est abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, est devenu homme et a goûté la mort afin de devenir l’auteur du salut qui conduit beaucoup de fils à la gloire.
L’expression « nous voyons Jésus » signifie que nous ne fixons pas nos regards sur la réalité humaine brisée, mais sur Jésus-Christ. Nous ne voyons pas encore toutes choses soumises à l’être humain, mais nous voyons Jésus couronné de gloire et d’honneur par la souffrance de la mort. La foi des croyants ne nie pas la réalité, mais elle place son regard sur le Christ, plus grand que cette réalité.
Cela signifie que le Fils de Dieu s’est incarné pour sauver l’humanité. Jésus n’est pas, par nature, inférieur aux anges ; il est le Fils de Dieu, infiniment supérieur aux anges. Pourtant, pour nous, il est descendu dans la condition humaine et a assumé jusqu’à la souffrance de la mort.
Jésus a connu la souffrance et la mort afin de goûter la mort pour tous et de briser la puissance de la mort. Puisque l’être humain était asservi sous le péché et la peur de la mort, le Sauveur devait descendre dans la condition humaine, jusque dans le lieu de la mort. La souffrance de Jésus n’est pas un échec, mais le chemin du salut par lequel Dieu conduit beaucoup de fils à la gloire.
Jésus, grand prêtre miséricordieux et fidèle, connaît nos faiblesses et peut secourir ceux qui sont tentés. Il n’a pas observé la souffrance humaine de loin ; il a lui-même connu l’épreuve et la souffrance. Ainsi, le croyant n’est pas abandonné au milieu du péché, de la tentation et de l’épreuve : il peut s’approcher avec assurance de Jésus qui le rachète et le soutient.
Pasteur David Jang
Auteur des archives d’exposés sur l’Épître aux Hébreux
Cette archive est une compilation réeditée centrée sur l'exposition de l'Épître aux Hébreux du pasteur David Jang. Ces archives expliquent le texte biblique au plus près du passage, comme une exhortation pastorale qui aide les croyants ébranlés à fixer leur regard sur Jésus-Christ. Elles associent la profondeur théologique de l’Épître aux Hébreux à son application pastorale.